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Association Amicale d'Entraide des Centres Madeleine Daniélou

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... qu'elles restent en contact les unes avec les autres...

"Qu'as-tu fait de ton frère ?"

Extraits du Message des Evêques de France aux Catholiques, aux responsables politiques et à l'opinion publique

"Nous adressons (...) ce message pour inviter à soutenir la vie démocratique dans notre pays par la réflexion et l'action. L'Evangile qui inspire la doctrine sociale de l'Eglise constitue notre référence. Il nous appelle à souligner ce qui nous semble l'essentiel pour aujourd'hui (...)

Construire une cité plus fraternelle, tel est le devoir d'un chrétien, tel est aussi l'idéal républicain. Qui ne voit que la liberté et l'égalité sans la fraternité deviennent lettre morte ? La violence qui s'est déchaînée ici, la crainte de l'avenir qui s'est manifestée là, le souci de garder le pouvoir et d'accumuler l'argent ailleurs, montrent que les hommes ont du mal à vivre dans l'amitié et le respect de l'autre. Sans la volonté de vivre ensemble, ni l'argent, ni la force, ni la sécurité ne peuvent construire un pays. Nous pensons que, comme chrétiens, nous devons travailler à ce vivre ensemble.

(...)L'homme n'est véritablement lui-même que s'il entend, en son cœur, Dieu l'interroger : "Qu'as-tu fait de ton frère ?". Il est bon que l'homme réponde librement à l'appel à aimer sa famille, sa cité et son pays. Il n'est pas de citoyen du monde qui ne soit d' abord citoyen de son pays. (...)

Beaucoup d'hommes et de femmes aujourd'hui, en France et dans le monde se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour des raisons personnelles, sociales, économiques, politiques, religieuses. (...)

La présence auprès du frère en difficulté, aussi nécessaire soit-elle, n'épuise pas les devoirs que suscite l'amour du Christ en nous : l 'action, par le biais du politique, est une forme indispensable de l' amour du prochain. Celui qui méprise le politique ne peut pas dire qu 'il aime son prochain et répond à ses attentes. Celui qui méprise la politique méprise la justice. (...)

L'intérêt pour le politique ne concerne pas le seul moment du vote. Une information sérieuse est nécessaire. Les hommes et les femmes politiques sont conduits à se plier au fonctionnement des médias où le slogan masque souvent la complexité des analyses de situation où les intrusions dans la vie privée remplacent quelquefois l'énoncé d' un programme. Le citoyen est en droit d'attendre des hommes et des femmes politiques un effort de vérité devant les effets de la médiatisation. Le débat, lui aussi, est essentiel. Beaucoup de chrétiens le craignent parce qu'ils ont peur de ne pas être "à la hauteur".

(...) Les responsables politiques, en premier lieu le Président de la République, servent la France en permettant à un projet collectif de venir au jour, en l'explicitant et en donnant aux citoyens la possibilité d'y participer. Ce projet ne naît pas de rien, il n'est pas possible de créer une fraternité nationale sans s'appuyer sur l 'histoire, avec ses heurs et ses malheurs. Nier l'histoire, la passer sous silence, c'est supprimer toute possibilité d'aboutir à la fraternité. (...) Dans les années à venir, il est vraisemblable que nous aurons à progresser dans ce réajustement entre l'Etat et la Nation, avec sa diversité interne. Il ne peut s'agir d'une disparition de l'Etat au profit d'une construction européenne qui risquerait alors de se réduire à des structures bureaucratiques. L' enjeu est ici profondément démocratique et citoyen. Il est probablement plus ancré dans la tradition républicaine que certains ne le pensent. Il nous faut, par conséquent, nous familiariser avec un sens renouvelé de l'Etat, garant de l'unité nationale, dans un espace circonscrit à la fois par les régions et par l'Europe élargie. L'Etat ne peut se désengager de ses responsabilités en matière de solidarité sociale. La prochaine présidence de la République aura à cet égard un rôle décisif.

(...) En bien des domaines, l'Europe est devenue la condition de la liberté et de la prospérité de notre pays. Après le référendum de 2005, les prochaines élections seront l'occasion de définir les meilleurs chemins possibles pour la construction européenne. Il s 'agira de faire face aux problèmes soulevés par la mondialisation, d' accroître les investissements nécessaires au développement, d'avoir en commun des politiques migratoires, énergétiques et de défense, et de promouvoir une certaine harmonisation fiscale et sociale. Nous pouvons d'autant moins ignorer ou mépriser ce nouveau contexte politique que la tradition chrétienne a souvent inspiré, à leur origine, beaucoup de ces évolutions.

Parmi bien d'autres, nous souhaitons attirer l'attention sur trois chantiers essentiels :

(...) La fraternité est un objectif qui donne sens à la vie sociale et qui invite à l'action politique. Elle passe par l'attention aux plus fragiles et le respect de chaque personne humaine.

"Agissez en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté une voile sur leur malice, mais en serviteurs de Dieu. Honorez tout le monde, aimez vos frères, craignez Dieu" (Epître de Pierre 2, 16-17)