Retenez dès maintenant , Mardi 28 septembre : Visite du Musée de la Préfecture de Police - Mardi 19 octobre : Déjeuner des 1°générations, promotions 47 incluses - Vendredi 19 novembre : Dîner des promotions 1997 à 2000 à Neuilly - Vendredi 26 novembre : Dîner des promotions Invalides 1969 à 1975 rue de Poitiers et 1997 à 2000 à Rueil - Mardi 18 janvier 2011 :Café-galette, promotions 48 à 53 - Jeudi 31 mars et samedi 2 avril 2011 : Haltes Spirituelles - Mardi 5 avril 2011 : Conseil d’Administration - Mardi 3 mai 2011 : Assemblée Générale
lundi 6 septembre 2010,
St Bertrand
... qu'elles restent en contact les unes avec les autres...
Extraits du Message des Evêques de France aux Catholiques, aux responsables politiques et à l'opinion publique
"Nous adressons (...) ce message pour inviter à soutenir la vie démocratique dans notre pays par la réflexion et l'action. L'Evangile qui inspire la doctrine sociale de l'Eglise constitue notre référence. Il nous appelle à souligner ce qui nous semble l'essentiel pour aujourd'hui (...)
Construire une cité plus fraternelle, tel est le devoir d'un chrétien, tel est aussi l'idéal républicain. Qui ne voit que la liberté et l'égalité sans la fraternité deviennent lettre morte ? La violence qui s'est déchaînée ici, la crainte de l'avenir qui s'est manifestée là, le souci de garder le pouvoir et d'accumuler l'argent ailleurs, montrent que les hommes ont du mal à vivre dans l'amitié et le respect de l'autre. Sans la volonté de vivre ensemble, ni l'argent, ni la force, ni la sécurité ne peuvent construire un pays. Nous pensons que, comme chrétiens, nous devons travailler à ce vivre ensemble.
(...)L'homme n'est véritablement lui-même que s'il entend, en son cœur, Dieu l'interroger : "Qu'as-tu fait de ton frère ?". Il est bon que l'homme réponde librement à l'appel à aimer sa famille, sa cité et son pays. Il n'est pas de citoyen du monde qui ne soit d' abord citoyen de son pays. (...)
Beaucoup d'hommes et de femmes aujourd'hui, en France et dans le monde se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour des raisons personnelles, sociales, économiques, politiques, religieuses. (...)
La présence auprès du frère en difficulté, aussi nécessaire soit-elle, n'épuise pas les devoirs que suscite l'amour du Christ en nous : l 'action, par le biais du politique, est une forme indispensable de l' amour du prochain. Celui qui méprise le politique ne peut pas dire qu 'il aime son prochain et répond à ses attentes. Celui qui méprise la politique méprise la justice. (...)
L'intérêt pour le politique ne concerne pas le seul moment du vote. Une information sérieuse est nécessaire. Les hommes et les femmes politiques sont conduits à se plier au fonctionnement des médias où le slogan masque souvent la complexité des analyses de situation où les intrusions dans la vie privée remplacent quelquefois l'énoncé d' un programme. Le citoyen est en droit d'attendre des hommes et des femmes politiques un effort de vérité devant les effets de la médiatisation. Le débat, lui aussi, est essentiel. Beaucoup de chrétiens le craignent parce qu'ils ont peur de ne pas être "à la hauteur".
(...) Les responsables politiques, en premier lieu le Président de la République, servent la France en permettant à un projet collectif de venir au jour, en l'explicitant et en donnant aux citoyens la possibilité d'y participer. Ce projet ne naît pas de rien, il n'est pas possible de créer une fraternité nationale sans s'appuyer sur l 'histoire, avec ses heurs et ses malheurs. Nier l'histoire, la passer sous silence, c'est supprimer toute possibilité d'aboutir à la fraternité. (...) Dans les années à venir, il est vraisemblable que nous aurons à progresser dans ce réajustement entre l'Etat et la Nation, avec sa diversité interne. Il ne peut s'agir d'une disparition de l'Etat au profit d'une construction européenne qui risquerait alors de se réduire à des structures bureaucratiques. L' enjeu est ici profondément démocratique et citoyen. Il est probablement plus ancré dans la tradition républicaine que certains ne le pensent. Il nous faut, par conséquent, nous familiariser avec un sens renouvelé de l'Etat, garant de l'unité nationale, dans un espace circonscrit à la fois par les régions et par l'Europe élargie. L'Etat ne peut se désengager de ses responsabilités en matière de solidarité sociale. La prochaine présidence de la République aura à cet égard un rôle décisif.
(...) En bien des domaines, l'Europe est devenue la condition de la liberté et de la prospérité de notre pays. Après le référendum de 2005, les prochaines élections seront l'occasion de définir les meilleurs chemins possibles pour la construction européenne. Il s 'agira de faire face aux problèmes soulevés par la mondialisation, d' accroître les investissements nécessaires au développement, d'avoir en commun des politiques migratoires, énergétiques et de défense, et de promouvoir une certaine harmonisation fiscale et sociale. Nous pouvons d'autant moins ignorer ou mépriser ce nouveau contexte politique que la tradition chrétienne a souvent inspiré, à leur origine, beaucoup de ces évolutions.
Parmi bien d'autres, nous souhaitons attirer l'attention sur trois chantiers essentiels :
(...) Nous sommes conscients, comme chacun, des fragilités de la vie familiale dans un monde épris d'épanouissement individuel et soumis à de nombreuses sollicitations. Ces fragilités renforcent la nécessité de promouvoir l'institution familiale. Nous aussi, nous sommes pour l'épanouissement de la personne, mais un épanouissement qui soit pleinement responsable, qui respecte la dignité humaine, la défense des faibles et permette l'instauration d'une société de confiance. Comment construire la confiance si la société accepte l' exclusion des plus faibles, depuis la pratique de l'avortement jusqu' à la tentation de l'euthanasie. Comment construire la confiance qu'il est des malheurs que l'on ne peut exprimer, par exemple la difficulté pour une femme, dans certains cas, de refuser un avortement devant les presssions qui s'exercent sur elle, ou la difficulté pour des enfants d'exprimer leur souffrance face au divorce de leurs parents, ou celle d'enfants qui ne peuvent exprimer leur désarroi d'ignorer qui est leur père ou leur mère. Et comment peut-on parler de ces traumatismes, sans tenir compte de leurs conséquences sur la vie sociale? Il est normal que l'Etat se préoccupe des situations difficiles. L'Eglise est prête à leur propos, à prendre part à un débat loyal où son avis ne serait pas disqualifié au départ ou marginalisé. (...)
Parmi les difficultés que rencontrent les familles, le logement est sûrement un problème majeur. Notre pays connaît aujourd'hui une crise profonde du logement. Son coût conduit trop de familles à un éloignement de leurs lieux de travail, source d'épuisement et de déstructuration. L'accès à la propriété reste souvent un rêve inaccessible. Les logements sociaux sont trop peu nombreux, pas toujours habités par ceux qui y auraient droit ou alors isolés dans des quartiers sans mixité sociale. La séparation des couples et la recomposition des familles augmentent les besoins. (...)
(...) Si le lien social se fragilise dans notre pays, beaucoup pensent que c'est largement à cause du chômage. (...) La situation de l'emploi est, pour beaucoup aujourd'hui, une cause de difficulté et de souffrance. Pour la majorité des Français, l'emploi est une cause nationale pour laquelle des choix et des efforts, personnels ou collectifs, doivent être consentis. Par exemple, choisir, pour les jeunes, une filière qui corresponde à la fois à leurs goûts, à leurs aptitudes et aussi aux besoins du pays; accepter, pour un salarié, de se syndiquer et de penser que les entreprises ont besoin de ce partenariat pour continuer à s'adapter; oser fonder une entreprise ou prendre responsabilité dans un monde économique souvent chaotique; permettre, pour le chef d'entreprise, que les salariés prennent part aux décisions qui les concernent. Bien des efforts sont aussi nécessaires pour embaucher, former, accepter des apprentis, valoriser le travail manuel. Efforts enfin de tous pour soutenir les chômeurs dans leur recherche de travail. (...)
(...) Nous nous sommes habitués à la libre circulation de l 'argent, des marchandises, des informations mais nous sommes plus réticents face à la liberté de circulation des personnes. Peut-on à la fois pratiquer la liberté du commerce, tout en barrant la route aux immigrés ou en les renvoyant chez eux? C'est dans ce cadre général qu'il faut réfléchir à la question de l'immigration. Pour les chrétiens, l'accueil des migrants est le signe de l'importance attachée à la fraternité. Le sujet est difficile et nous savons l 'extrême sensibilité de nos concitoyens en ce domaine. Comment pourrions-nous nier les problèmes ? Comment pourrions-nous nier qu'un pays comme le nôtre a des limites à sa capacité d'accueil? Cependant il convient de prendre notre juste part à cet accueil, et juste, ici, veut dire généreuse. (...) Nous estimons normal que notre pays définisse une politique de l'immigration. Cela fait partie de la responsabilité gouvernementale et tout gouvernement doit faire face à cette question. Dans l'Eglise, cependant, il n'y a pas d'étranger : le baptême fait accéder, où que l'on soit à la "citoyenneté" chrétienne et l'Evangile nous appelle à une fraternité universelle. Dans bien des communautés, les étrangers ont le souci de partager avec d'autres, nous en sommes témoins! La rencontre avec ces frères et sœurs venus d'ailleurs nous amène à poser fortement, dans le débat public, la question de l'extraordinaire inégalité qui règne dans le monde. Sommes-nous attentifs aux choix politiques qui favorisent un développement solidaire ? Sommes-nous prêts à modifier notre mode de vie, afin de permettre un réel développement des pays les plus pauvres, en particulier l'Afrique ? Sommes-nous prêts à partager concrètement pour aider les pays les moins développés ? N'est-il pas important de lancer cet appel aux Français ?
Parmi les migrants, beaucoup, pour s'établir en France, ont franchi des difficultés considérables et certains ont risqué leur vie. Pourquoi ne pas porter à leur crédit cette volonté de rejoindre notre pays et ne pas se fonder sur elle pour leur trouver une place dans la société nationale ? Certes, nous ne pouvons pas recevoir tout le monde, mais il nous est aussi impossible de renvoyer tous les clandestins. Notre pays doit pouvoir continuer à recevoir les réfugiés politiques et ceux qui risquent des persécutions, y compris religieuses, dans leur pays. Enfin, réguler l'immigration veut dire pourchasser les mafias et autres circuits d'immmigration clandestine, employeurs véreux, marchands de sommeil etc...
(...) La fraternité est un objectif qui donne sens à la vie sociale et qui invite à l'action politique. Elle passe par l'attention aux plus fragiles et le respect de chaque personne humaine.
"Agissez en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté une voile sur leur malice, mais en serviteurs de Dieu. Honorez tout le monde, aimez vos frères, craignez Dieu" (Epître de Pierre 2, 16-17)